Les tourbières

par Sophie de Champsavin | Imprimer cet article Imprimer cet article
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Paysage

La formation d’une tourbière

Accumulation de débris végétaux, décomposition lente

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Les tourbières résultent d’une accumulation de matières végétales non décomposées qui constituent la tourbe. Leur édification se réalise sur une période de 2000 à 5000 ans sous un climat frais et humide. Les tourbières se caractérisent par leurs formations végétales où dominent des végétaux hygrophiles (roseaux, joncs, mousses…).

La tourbière du marais Vernier dans l’Eure est la plus grande de France, c’est un site écologique de valeur internationale.

La tourbière d’Heurteauville est classée Espace Naturel Sensible (ENS) en Seine-Maritime en raison de la richesse de ses écosystèmes et de la présence de nombreuses espèces rares. Un autre ENS, le Bois de l’Epinay à Forges-les-Eaux possède des formations tourbeuses où pousse la sphaigne. Il abrite un papillon très rare et inféodé à ce milieu le Vanesse de la Canneberge.

L’exploitation de la tourbe

Compte tenu de ses nombreuses qualités la tourbe a fait depuis l’antiquité et fait aujourd’hui encore l’objet de nombreuses exploitations.

Utilisation comme combustible jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale

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Avec une composition riche en carbone (de 50% à 60%), la tourbe constitue un combustible. Aussi appelée combustible du pauvre elle était utilisée pour le chauffage, une fois séchée.

Matériau de construction dans les pays froids

La tourbe est également un matériau employé en construction. Il a été utilisé pour réaliser des habitations dans certains pays comme l’Islande ou encore le Canada. Ce matériau à des propriétés isolantes.

Utilisation en horticulture de la tourbe blonde

La tourbe blonde issue de la transformation des sphaignes dans les horizons supérieurs de la tourbière est utilisée en horticulture. De pH acide, très fibreuse car peu décomposée elle possède une forte capacité de rétention d’eau. Elle est utilisée comme substrat de plantation, pour les plantes carnivores notamment. Ses nombreuses qualités permettent en effet d’acidifier un sol, de l’alléger ou encore de le rendre plus drainant.

En savoir plus sur l’extraction de la tourbe : Les marais de Guines

Un milieu spécifique

Caractéristiques du milieu et répartition des êtres vivants

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Les plantes qui vivent dans les tourbières sont adaptées à un substrat pauvre en minéraux. On y rencontre notamment des plantes carnivores qui trouvent l’azote dont elles ont besoin dans les proies qu’elles capturent. Ce sont par exemple les droseras qui piègent des petits insectes.

Les sphaignes

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Les sphaignes sont des Bryophytes. Dotées de tissus fibreux, elles possèdent une grande capacité à retenir l’eau (de 20 à 25 fois son poids). Les sphaignes sont dépourvues de racines ; elles se détruisent par la base au fur et à mesure de leur croissance. Ces plantes sont à l’origine de la formation des tourbières, elles en forment la partie vivante. La présence des sphaignes rend l’eau de la tourbière acide.

Un site à visiter Unité d’écologie et de biogéographie de l’université de Louvain (Belgique)

En savoir plus sur les tourbières :

Pôle-relais Tourbières

Quelques recherches sur les marais tourbeux - Léo Lesquereux

Pédagogie

Objectifs pédagogiques

Comprendre les évènements ayant conduit à la formation de la tourbe.
Étudier le milieu tourbière ; repérer l’adaptation des êtres vivants à ce milieu.
Comprendre la rareté et la fragilité d’un tel milieu ; l’intérêt de sa sauvegarde.

Prolongements possibles

Visite de la tourbière d’Heurteauville, du Bois de l’Épinay à Forges-les-Eaux.
Étude de la formation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz…)

Matériel nécessaire

Matériel d’expérimentation : aquarium…
Carnets de croquis, loupes, appareils photos…

Déroulement de l’action

En salle : recherches bibliographiques, expériences, discussions

Sur le terrain : observations, photographie.

Notions abordées : milieu diversifié, répartition de la végétation en fonction de ses besoins (lumière, substrat…).

Propositions d’actions

La tourbe, formation et utilisation

Faire des recherches documentaires sur la formation des tourbières (CDI, internet…). Déterminer les conditions nécessaires à la formation d’un tel milieu.

Mener des expériences sur la décomposition des végétaux dans différentes conditions (accumulation de débris végétaux en milieu aérobie, dans l’eau en absence d’oxygène…) Décrire, commenter et analyser les résultats obtenus.

Faire des recherches sur l’utilisation passées et actuelles de la tourbe (combustible, utilisation en horticulture) Ecrire un texte relatant une journée de travail dans la tourbière.

Découverte du milieu

La végétation de la tourbière

Sur le terrain ou à l’aide de photos présentant le cortège floristique d’une tourbière : observer et décrire la végétation. Trouver les points communs facilement observables pour établir une classification simple. Comparer cette végétation avec celle d’autres milieux, liés à l’eau ou non (ex : voir fiche Au bord de la mare).

Réaliser un tableau présentant les ressemblances et/ou les différences.

Étude des particularités de certains végétaux et leur adaptation au milieu (ex : droseras/ milieu pauvre en substances nutritives, sphaignes…)

Les animaux qui peuplent la tourbière

Une espèce menacée de disparition : Un papillon, le Vanesse aquilon (Boloria aquilionaris), aussi appelé Nacré de la Canneberge ne vit que dans les milieux tourbeux (tourbières du Pays de Bray). Rechercher quelles peuvent en être les raisons. Chercher et lister des mesures à envisager afin de préserver cette espèce rare et protégée.

L’évolution de la tourbière

A l’occasion d’une sortie sur le terrain où à l’aide de photographies, observer et décrire le milieu. Imaginer le devenir de la tourbière en dehors de toute intervention humaine. Réaliser des schémas simples.

Une mesure de gestion : le décapage pour retrouver la banque de graines du sol

Le décapage consiste à enlever la partie superficielle du sol. En le réalisant on peut parfois constater la réapparition de plantes autrefois présentes sur ce milieu, pourquoi ? Des expérimentations pourront être menées en récoltant un échantillon de sol décapé dans un environnement proche (observations, germination…). Un travail plus approfondi sur la germination pourra être réalisé.



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